Hoya qui ne fleurit pas : les éperons à ne pas couper et les conditions qui déclenchent la floraison

Ces petits moignons bruns qui subsistent sur la tige d’une hoya après la chute des fleurs sont les éperons floraux, et il ne faut jamais les couper. La plante refleurit au même endroit chaque année, en rallongeant un peu le pédoncule à chaque cycle. Quand une hoya refuse de fleurir, la cause est presque toujours un manque de lumière ou un âge insuffisant, rarement un problème d’entretien compliqué.

Un éperon coupé, c’est une grappe de fleurs en moins.

À retenir
  • Les éperons floraux portent les ombelles suivantes et ne se coupent pas.
  • Une hoya trop jeune ou trop peu éclairée ne forme pas de pédoncules.
  • Un repos hivernal entre 15 et 18 °C relance la production de boutons.
  • L’excès d’eau et les déplacements font tomber les boutons naissants.

Les éperons floraux : ce qu’il faut laisser en place

Une fois les fleurs tombées, le pédoncule reste planté sur la tige : un crochet sec de un à quelques centimètres, que beaucoup de jardiniers d’intérieur prennent pour un déchet. Ils sortent alors le sécateur par souci d’ordre. C’est pourtant ce crochet qui portera l’ombelle suivante, puis celle d’après, pendant de nombreuses années. Sur un vieux sujet, ces éperons forment de petites branches noueuses, marquées par les floraisons successives.

Un éperon réellement mort se dessèche, noircit et se détache sans effort, c’est le seul qu’on peut retirer. Pour raccourcir une tige trop longue, on coupe au-dessus d’un nœud qui ne porte aucun éperon.

Le genre doit son nom à Thomas Hoy, jardinier en chef de Syon House, chez le duc de Northumberland, au XVIIIe siècle. Il compte plusieurs centaines d’espèces, de l’Inde à l’Australie, réunies dans la famille des Apocynacées, celle du laurier-rose. Comme ce dernier, les hoyas produisent un latex blanc irritant pour la peau : des gants s’imposent si une tige doit vraiment être recoupée.

Les conditions qui déclenchent la floraison

Avant de remettre en cause l’arrosage, il faut regarder l’âge de la plante. Une hoya trop jeune n’a pas atteint le stade adulte, celui où elle commence à former ses pédoncules. Hoya kerrii, la hoya cœur vendue autour de la Saint-Valentin, en est l’exemple extrême : une feuille plantée seule reste une feuille, faute de nœud pour émettre une tige.

Comptez deux à trois ans à partir d’une bouture, davantage pour les espèces lentes.

La lumière pèse plus lourd que tout le reste. Une hoya qui garde un feuillage vert sombre, large et mince, s’étire pour chercher la clarté et n’a aucune réserve à investir dans les boutons. Une place près d’une fenêtre est ou ouest, avec quelques heures de soleil doux du matin ou de fin de journée, suffit souvent à lancer la formation des pédoncules. Derrière une vitre plein sud en été, un voilage évite les brûlures sur les feuilles.

Le repos hivernal fait ensuite la différence. Entre novembre et février, beaucoup de cultivateurs ramènent la plante dans une pièce à 15-18 °C, espacent les arrosages et suspendent l’engrais, ce qui la relance en boutons au retour des jours longs. Sous 10 °C, en revanche, les hoyas souffrent : c’est la limite à ne pas franchir.

Les hoyas, épiphytes à l’état naturel, fleurissent mieux avec les racines à l’étroit : un pot trop grand les pousse à produire des tiges plutôt que des fleurs. On rempote seulement quand les racines ressortent par les trous de drainage, dans un mélange aéré d’écorce de pin, de perlite et d’un peu de terreau.

Côté engrais, un produit plus riche en potassium qu’en azote (celui des tomates ou des plantes à fleurs convient) se donne à demi-dose une fois par mois, d’avril à septembre. L’azote en excès fabrique du feuillage au détriment des boutons. Un arceau ou un tuteur aide aussi : les tiges guidées en hauteur imitent le port de liane de la plante en forêt, et les cultivateurs observent qu’elles fleurissent plus tôt.

Les gestes qui font tomber les boutons

Un pot déplacé en pleine formation de boutons suffit à les faire tomber.

L’excès d’eau arrive juste derrière. Les feuilles charnues stockent de la réserve : on arrose quand les trois ou quatre premiers centimètres de substrat sont secs, soit toutes les une à deux semaines en été selon la chaleur, et nettement moins en hiver. Un substrat détrempé asphyxie les racines, et la plante sacrifie d’abord ce qui n’est pas vital, donc les boutons.

Les cochenilles farineuses se glissent volontiers aux nœuds et sur les pédoncules, où elles affaiblissent les boutons naissants. Un coton-tige imbibé d’alcool à 70° vient à bout des petites colonies, à répéter chaque semaine pendant un mois.

Les gouttes brillantes et collantes qui perlent sur les fleurs ne trahissent pas un parasite : c’est du nectar, produit en abondance par des ombelles qui comptent une vingtaine de fleurs cireuses en étoile, parfois bien plus selon l’espèce. Il tache les meubles et les rebords de fenêtre situés en dessous. Une soucoupe glissée sous la plante protège les surfaces, alors qu’un coup d’éponge sur le pédoncule risque de l’abîmer.

Pour un premier essai, Hoya carnosa et Hoya bella comptent parmi les espèces réputées les plus généreuses en intérieur, alors que Hoya kerrii se fait attendre. Autre détail à anticiper avant de choisir l’emplacement : le parfum de Hoya carnosa se renforce en soirée, ce qui peut gêner dans une chambre.

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