Un seau posé sous le tuyau de la clim, rempli chaque soir d’été, puis vidé dans l’évier le lendemain. Ce geste automatique, beaucoup le font sans y penser. Jusqu’au jour où on arrose ses plantes avec cette eau plutôt que de la jeter. Et là, quelque chose change. Pas de manière spectaculaire, pas du jour au lendemain, mais progressivement : les feuilles reprennent de l’éclat, les nouvelles pousses semblent plus vives, les taches blanches sur la terre disparaissent. Ce n’est pas de la magie. C’est de la chimie, tout simplement.
À retenir
- Pourquoi vos plantes jaunissent malgré vos efforts : le vrai coupable n’est peut-être pas celui que vous croyez
- 20 à 40 litres d’eau gratuite et bénéfique pour vos plantes s’écoulent chaque jour de votre clim
- Cette eau oubliée sous le tuyau pourrait transformer la santé de vos plantes en quelques semaines
Ce que fait vraiment l’eau du robinet à vos plantes
L’eau du robinet, souvent chargée en calcaire, peut ralentir la croissance de certaines plantes ou causer des dépôts blancs peu esthétiques sur le sol. Arroser ses plantes d’intérieur peut sembler facile, mais la qualité de l’eau utilisée joue un rôle dans leur bien-être. Ce constat, la plupart des jardiniers d’appartement le font trop tard, après avoir longuement cherché pourquoi leur calathea prend des bords brûlés ou pourquoi leur fougère refuse obstinément de pousser.
Le calcaire n’est que la moitié du problème. Une eau trop calcaire crée des blocages dans l’absorption de minéraux essentiels comme le fer, le potassium et le magnésium, des nutriments indispensables à la croissance harmonieuse des plantes. Résultat concret : en sol calcaire ou avec un arrosage à l’eau calcaire, les plantes calcifuges restent chétives, leur feuillage est moins vert, des carences et notamment une chlorose ferrique apparaissent, avec des feuilles jaunissantes dont les nervures restent vertes.
L’autre coupable, moins visible, c’est le chlore. Le chlore est toujours présent dans l’eau du robinet puisqu’il permet de la rendre potable. Mais son action anti-bactérienne se prolonge aussi dans le sol lors de l’arrosage et y détruit la microfaune et la microflore. Or, ce sont ces microorganismes qui transforment la matière du terreau afin que nos plantes puissent les absorber et s’en nourrir. En d’autres mots, chaque arrosage au robinet est aussi une petite attaque contre la vie invisible qui nourrit vos racines.
Des espèces comme les calatheas, les dracaenas ou les philodendrons peuvent rapidement montrer leur mécontentement si elles sont arrosées avec une eau du robinet trop chargée. Et si vous constatez des traces blanches sur la surface de la terre, un jaunissement des feuilles sans cause évidente, une croissance ralentie malgré des apports en lumière et en engrais corrects, ou encore des taches brunes aux extrémités des feuilles, l’eau d’arrosage mérite d’être questionnée en premier.
L’eau de condensation : de l’eau de pluie fabriquée chez vous
Contrairement à l’eau du robinet, l’eau de condensation ne contient aucun minéral dissous : ni calcaire, ni magnésium, ni calcium. C’est de l’eau distillée de fait, en tous points comparable à l’eau de pluie. Le CO2 naturellement présent dans l’air intérieur se dissout lors de la condensation et forme de l’acide carbonique, ce qui rend cette eau légèrement acide, avec un pH autour de 6, exactement comme l’eau de pluie.
Elle est donc tout indiquée pour l’arrosage des plantes acidophiles (azalées, rhododendrons, camélias…), et des plantes d’intérieur, qui n’apprécient généralement pas le calcaire. Ce pH légèrement acide correspond précisément à ce dont ont besoin certaines plantes d’appartement, les cactées ou encore les agrumes, qui apprécient une eau légèrement acide, au pH entre 6 et 7.
La quantité récupérable est plus significative qu’on ne le croit. Selon le taux d’humidité relative, un climatiseur génère normalement entre 0,5 et 0,8 litres de condensat par heure par kilowatt de puissance. Pour être prudent, beaucoup d’ingénieurs calculent sur la base d’1 litre par heure par kW de puissance de froid. Un système de climatisation dans un appartement de 100 m² produira donc quelque part entre 20 et 40 litres de condensat par jour. Sur un mois d’été, c’est l’équivalent d’une baignoire pleine de remplacement. Jetée dans l’évier.
Comment l’utiliser sans se tromper
L’eau de condensation n’est pas parfaite. Elle ne contient aucun nutriment nécessaire au bon développement végétal. Utilisée seule, elle risque de conduire à des carences progressives, surtout chez les espèces gourmandes. La solution la plus simple : l’alterner avec de l’eau du robinet, ou y incorporer un apport d’engrais liquide dilué en saison de croissance. Pour maintenir la santé du sol, il est préférable de mélanger cette eau avec de l’eau du robinet dans une proportion de 50/50.
L’usage est déconseillé sur les cultures alimentaires (légumes ou herbes aromatiques), principalement en raison du possible transfert d’impuretés. Un basilic ou des plants de tomates en pot, ce n’est pas le bon terrain de test. En revanche, pour toutes les plantes ornementales d’intérieur, c’est une ressource à exploiter sans hésiter.
Il est essentiel de s’assurer de la propreté du système de climatisation. Un système mal entretenu peut contaminer l’eau avec des bactéries ou des moisissures, ce qui pourrait nuire à la santé des plantes. Un nettoyage régulier des filtres et des conduits du climatiseur est donc vivement recommandé. Pour tirer parti de cette eau tout en évitant les mauvaises surprises, quelques règles simples s’imposent : privilégier une collecte depuis un appareil régulièrement entretenu, stocker ce précieux liquide à l’abri de la lumière et ne jamais l’utiliser exclusivement.
Côté récupération, un climatiseur split, composé d’une unité intérieure et d’une unité extérieure, évacue l’eau de condensation par un tuyau et il est donc possible de la récupérer pour arroser vos plantes. Concrètement, un bidon d’arrosoir propre placé sous la sortie de condensat suffit. Pas besoin d’installation complexe.
Les plantes qui en profitent le plus
Toutes les plantes d’intérieur ne réagissent pas de la même façon à l’eau calcaire. Parmi les plantes les plus couramment intolérantes au calcaire, on trouve les azalées et autres rhododendrons, certains érables, les camélias, les gardénias, les hortensias, les agrumes, mais aussi bon nombre de plantes tropicales poussant dans les forêts des zones chaudes du globe. La majorité des plantes carnivores est extrêmement sensible au calcaire, tout comme la plupart des orchidées.
L’eau déminéralisée, dépourvue de minéraux, calcaire, chlore ou autres substances chimiques, est neutre et n’influence pas le pH du sol. Elle prévient les dépôts de calcaire sur les plantes, conservant ainsi leur beauté. Elle convient particulièrement bien aux plantes sensibles au calcaire telles que les plantes carnivores, les orchidées ou les plantes d’intérieur.
Si vous brumisez régulièrement vos plantes pour compenser la sécheresse de l’air intérieur, l’avantage devient encore plus visible. Brumiser une eau calcaire sur les plantes les maculera de taches blanches disgracieuses qui, en plus d’être inesthétiques, ralentissent la photosynthèse, processus par lequel les plantes se développent en utilisant la lumière du soleil. Avec l’eau de condensation, zéro trace, zéro résidu.
L’eau de pluie reste la référence absolue pour l’arrosage des plantes, avec un pH compris entre 5 et 6,5, idéal pour la majorité des plantes. L’eau de condensation de climatiseur lui est quasi identique sur le plan chimique, avec un avantage pratique considérable en été : elle se produit précisément quand les plantes en ont le plus besoin, pendant les canicules où les restrictions d’eau se multiplient et où aucune goutte de pluie ne tombe pendant des semaines.
Source : masculin.com